La tendance est à l’automatisation
Alors, quelles ont été les grandes tendances ou nouveautés technologiques de cette édition 2025 ? Sur ce point, les visiteurs d’ImpriFrance partagent le même avis. « Cette année n’était pas un grand cru en matière d’innovation, contrairement à il y a deux ans et encore deux ans auparavant », observe Sylvain Marchal.
Arnold Derégnaucourt lui emboîte le pas : « Je n’ai pas vu de révolution majeure quelle que soit la technologie : offset, flexo ou numérique. Peu de robotique, par exemple.
Le jet d’encre continue lentement de s’améliorer, les machines conventionnelles restent classiques en flexo et en offset. »
Et Pierre-Émile Durand d’appuyer : « Les technologies en place sont confirmées. Le numérique a une vraie raison d’être, mais couplé à l’offset et au flexo. » Place aux solutions hybrides, donc.
Tous décrivent aussi un salon plus ramassé avec moins de démonstrations. Et ils font le même constat : en 2025, les fournisseurs ont mis l’accent sur l’automatisation.
Arnold, toujours : « La plupart des fabricants de machines, au lieu d’améliorer la productivité, travaillent à ce qu’elles soient plus faciles à appréhender pour les nouveaux embauchés parce que nous connaissons dans le métier un important turn-over. » Fabien Caillot confirme : « Il y a un gros apport en matière de simplification d’utilisation, d’assistance aux opérateurs, et beaucoup d’automatisation tant en aval qu’en amont. » Peu ou pas de nouvelles machines, mais beaucoup d’« upgrade » sur les automatismes, donc. Ce qui semble plutôt une bonne chose compte tenu des tensions sur le marché de l’emploi de la profession. Avec un bémol cependant relevé par Sylvain Marchal. « L’atelier 4.0, c’est très bien, mais plus on automatise, moins on aura besoin d’opérateurs qualifiés. Pouvoir mettre une forme de découpe en place en 3 minutes, c’est parfait, mais si la machine tombe en panne et qu’aucun collaborateur ne sait correctement faire la manipulation tout seul, vous vous retrouvez confronté à des problèmes de production. » Il a d’ailleurs fait part de ses doléances aux grands fabricants de presses et de logiciels et dénonce une certaine course à la technologie sur le salon. « Je leur ai fait des reproches. J’ai consenti de gros investissements il y a deux ans sur du matériel, et il se révèle déjà obsolète. Je trouve que les fabricants profitent de Label Expo pour, souvent, présenter des prototypes qui ne sont pas aboutis. Pressés par le temps, ils nous les vendent, et nous essuyons les plâtres comme cobayes. Pour moi, cela passe encore, mais un petit imprimeur qui se trompe d’investissement peut vite fermer boutique. » De même, côté logiciel : « Le cloud, c’est très bien. Mais quand 500 imprimeurs dans le monde entier sont connectés à la même plateforme au même moment, ça plante… » La vigilance est donc de mise.