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NADINE GAMET, LE REGARD AIGUISÉ D’UNE PROF SUR LA FILIÈRE

[RENCONTRES] 

Enseignante en BTS Études de réalisation d’un projet de communication au lycée Argouges de Grenoble depuis trente-quatre ans, Nadine Gamet était la professeure de Célia Bouhelier, lauréate de la bourse ImpriFrance 2025 (cf. interview dans le Connect’ nᵒ 70). Elle nous parle ici de la génération Z et nous livre quelques pistes pour rendre la filière plus attractive.

Issu du magazine Connect’ 71 – octobre 2025

« Voir une petite étincelle s’allumer dans les yeux d’un de mes élèves suffit à mon bonheur », témoigne Nadine Gamet. Il faut dire qu’en quelques années leur profil a bien changé… « Les « zoomers » sont des zappeurs. S’ils ne se sentent pas écoutés ou stimulés, ils s’en vont. Ainsi, si un élève au bout de deux mois considère que l’apport en connaissances n’est pas conforme à ses
attentes, il quitte la formation. Et il fera la même chose avec son employeur. »

Autre évolution importante : « Sur la partie production offset / numérique, 75% de nos étudiants sont aujourd’hui des étudiantes, et, avec la mécanisation, elles peuvent désormais postuler à ces emplois. »

Alors, comment faire pour séduire ces jeunes ? Nadine Gamet estime que l’on doit jouer la carte de la technologie dont ils sont friands. La filière des industries graphiques possède aussi, selon elle, un atout non négligeable sur lequel il faut capitaliser : « Le métier est vaste. Lorsqu’on leur fait toucher du doigt cette richesse, qu’on leur explique que l’impression concerne presque tous les produits du quotidien, nos élèves se montrent souvent intéressés. »

 Renforcer les contacts avec les pros

« Nous devons sortir du cadre de l’enseignement traditionnel et multiplier les visites d’entreprises et les interventions d’imprimeurs dans nos locaux », dit-elle. C’est là que des réseaux comme ImpriFrance ont un rôle déterminant à jouer. « Les commissions régionales pourraient être présentes avec une fonction de conseil et d’écoute dans les filières industries graphiques. » Et Nadine d’ajouter : « La formation est un travail d’équipe. Il faudrait de la même manière que l’entreprise et les enseignants forment une équipe complémentaire et unie pour offrir aux jeunes une perspective. Je suis persuadée que nous devons encore renforcer nos contacts et nos liens avec les professionnels. En particulier pour s’entendre sur les besoins de ceux-ci et pour adapter au mieux nos formations. Pourquoi ne pas créer une commission formation au sein du réseau ? », suggère-t-elle.

Ce rapprochement souhaité peut également passer par bien d’autres actions : le parrainage d’étudiants, l’organisation de job dating, de tables rondes ou encore de conférences thématiques. Pour Nadine, il s’appuiera aussi sur l’organisation de stages à fort contenu. « Trop souvent nos élèves sont utilisés comme de petites mains, cela ne leur donne pas envie d’exercer notre métier alors qu’ils pourraient mener une vraie mission. Il faudrait leur faire davantage confiance. »

Après avoir été élève au lycée Argouges, Nadine Gamet y est revenue comme enseignante. Elle intervient aujourd’hui sur les thématiques de la gestion de production et de la qualité. Diplômée de l’école Estienne, reçue aux Beaux-Arts, elle mène en parallèle un travail de peinture abstraite à base d’encre d’imprimerie.

Nadine Gamet Enseignante au lycée Argouges à Grenoble