Pour un fumeur, jeter son mégot par terre peut paraître un geste anodin, mais ce petit geste aura un grand impact pour notre planète. Jugez plutôt. En France, 30 milliards de mégots sont laissés au sol chaque année. Or, l’un d’eux pollue, à lui seul, jusqu’à 500 litres d’eau. Et, il mettra jusqu’à douze années pour se décomposer (source : association SurfRider). Conséquence : les mégots constituent aujourd’hui la première source de pollution de nos océans. Forts de ce constat, des imprimeurs commencent à mobiliser leur collectif pour récolter et recycler lesdits mégots. « Parce qu’il y a maintenant des entreprises qui se spécialisent en la matière et nous proposent des solutions pertinentes et performantes », remarque Simiane Chartier, responsable communication de Coquand Imprimeur. « Nous avons profité de la rénovation de l’extérieur de l’atelier et de son espace fumeurs pour lancer cet été la collecte des mégots en mettant à disposition un premier cendrier dédié », poursuit Audrey Choain, responsable qualité et RSE. L’entreprise a contracté avec TchaoMegot, l’un des acteurs du marché, qui recycle les mégots en isolant pour le bâtiment ou le rembourrage textile. « Ils nous fournissent un kit de sensibilisation (affiches, flyers…) et un sac de 25 litres isotherme et anti-odeur et viendront l’enlever et le changer une fois par an pour la somme de 280 euros. Ils réalisent également une étude d’impact sur l’année de collecte. » Simiane Chartier complète : « Pour une PME d’une trentaine de personnes comme la nôtre, c’est une action simple à mettre en place pour traiter un déchet non directement lié à notre activité auquel on ne pense pas vraiment. Cette démarche s’inscrit dans notre volonté de faire évoluer nos pratiques vers plus de responsabilité et de durabilité et ce, jusque dans les détails. »
Sensibiliser aux dangers globaux du tabagisme
Du côté des établissements Martinenq, une action du même acabit est aussi sur les rails. « Le mégot est un déchet classé comme dangereux. Non seulement il pollue, mais il peut également déclencher des incendies », avertit Justine Huchette, chargée de projet RSE. Ce projet verra le jour après l’opération « Mois sans tabac » organisée en novembre par le ministère de la Santé à laquelle Martinenq va activement participer. « Nous voulons sensibiliser nos salariés fumeurs sur le tabagisme au sens large, que ce soit sur les enjeux en matière de santé ou d’environnement », cadre Justine. « Notre décision de récupérer les mégots découle d’une réflexion plus globale après un diagnostic mené avec la CCI de Seine-et-Marne sur notre gestion des déchets », ajoute-t-elle. Martinenq s’est tourné vers l’opérateur Écomégot, qui privilégie la revalorisation énergétique. Avec la même mécanique de collecte que TchaoMegot : kit de communication, cendriers et sacs fournis, mais avec un abonnement sur trois ans.
« Nous avons sélectionné cet acteur en partie parce qu’il se trouve à 80 km de chez nous et que la loi AGEC* recommande une logistique de proximité pour les déchets. » Et Justine de garder un petit espoir en tête : « Convaincre nos collaborateurs de changer leurs habitudes parce que la RSE, c’est avant tout semer de petites graines… »
Pour en savoir plus :
https://mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr
https://tchaomegot.com
https://ecomegot.com