ImpriFrance > Actualités du réseau > Enjeux et Innovations > PRESSES NUMÉRIQUES JET D’ENCRE FEUILLE L’ÉTAT DE L’ART

PRESSES NUMÉRIQUES JET D’ENCRE FEUILLE L’ÉTAT DE L’ART

[ENJEUX & INNOVATIONS] 

Développée depuis une vingtaine d’années dans l’imprimerie industrielle, la technologie du jet d’encre arrive à maturité. Les fabricants commercialisent désormais des machines dites «offset like», ultra-productives, polyvalentes et très rentables, dévoilées à la Drupa 2024. Petit tour d’horizon de cette nouvelle génération de presses.

Issu du magazine Connect’ 73 – mai 2026

Sur le marché de l’impression, le numérique grignote peu à peu l’offset. Et la technique du jet d’encre stimule l’ensemble du marché.
Pour preuve, citons quelques chiffres. En 2024, la valeur du marché mondial du jet d’encre s’élève à 90,8 milliards de dollars avec une estimation à 130,4 milliards en 2030. De même, le volume d’impression jet d’encre est de 1 140 milliards de A4 en 2024 pour une valeur estimée à 1 700 milliards de dollars en 2030. D’ici 2029, le jet d’encre devrait donc devenir la technologie numérique dominante, avec une croissance européenne d’environ 5 à 6 % en volume et en valeur (source : Canon). Les raisons ? Le numérique jet d’encre feuille combine haute productivité, haute qualité et profitabilité.

Alors, quelles sont les dernières nouveautés de presses numériques jet d’encre chez les différents partenaires d’ImpriFrance ?

Canon étoffe sa gamme de presses numériques

« Leader mondial du jet d’encre avec une expertise technologique reconnue de plus de quinze ans, Canon offre aujourd’hui aux imprimeurs la plus large gamme de solutions d’impression numérique de production », explique d’emblée Cecile Rodde, chef de produit au sein de la société.
Après la varioPRINT iX3200 commercialisée en 2020, machine réputée pour sa productivité et sa rentabilité et qui équipe aujourd’hui quelque 850 entreprises dans le monde, dont nos sociétaires Copymedia et Villière en France, Canon lancera fin 2026 deux nouvelles presses numériques destinées à s’adapter aux évolutions du marché.
D’une qualité proche de celle de l’offset, avec une résolution respective de 2400×1200 dpi et 1200×1200 dpi, ces deux nouvelles presses bénéficient pour la première fois de têtes d’impression made in Canon. Elles utilisent par ailleurs des encres aqueuses très écologiques développées, elles aussi, par Canon en interne. « La première, dénommée varioPRINT iX1700, vise plus particulièrement les imprimeurs qui souhaitent se lancer dans le jet d’encre, décrit Cécile. Elle permet à ceux d’entre eux qui sont confrontés à une baisse des tirages de passer le cap du numérique en absorbant un volume de 300 000 à 500 000 pages A4 par mois en format B3+. Avec cette machine, ils peuvent, par exemple, réaliser des brochures en trois volets ou des pochettes à rabat. » Et de poursuivre : « La seconde, la varioPRESS iV7, plus productive, est plutôt destinée aux imprimeurs qui ont besoin de transférer davantage de volumes offset pour leurs produits de labeur. Elle peut aller jusqu’à plus de 4,5 millions d’images B2 par mois sur un format B2+, le tout avec une productivité inégalée (8 700 B2 par heure), un taux de disponibilité élevé et une qualité d’impression remarquable, sur une large gamme de supports jusqu’à 610 μm. »

Varioprint-ix1700

varioPRESS iV7

varioPRINT iX1700

Fujifilm se recentre sur la JetPress 790

« La presse jet d’encre B2 JetPress 750 S n’est plus commercialisée en Europe depuis le 1er avril 2026. Nous continuons cependant à la commercialiser sur le marché Asie/Pacifique », informe Jérôme Garcin, directeur commercial Impression numérique.

« Mais deux autres produits jet d’encre existent dans notre gamme. Par exemple, la JetPress 790, qui est destinée à l’emballage flexible pour produits grand public. Elle permet d’imprimer numériquement des travaux en qualité d’héliogravure avec une résolution de 1200×1200 dpi, 50 mètre/minute de vitesse d’impression et jusqu’à 790 mm de largeur de substrat. Ou encore les barres d’impression Imprinting. Ces deux produits donnent la possibilité d’intégrer un système d’impression jet d’encre sur une ligne de production existante. »

Barres d’impression Imprinting

Heidelberg joue la carte de l’hybridation

Longtemps connue pour ses presses offset, Heidelberg a pris le tournant du numérique en 2011 et, depuis, l’entreprise allemande accélère. En témoigne l’accord mondial passé avec Canon à la Drupa 2024. Il lui permet de commercialiser aujourd’hui sous sa marque deux nouvelles presses : la Jetfire 50 (équivalent technologique de la VPiX 3210) et prochainement la Jetfire 75 (équivalent de la iV7). Ces deux machines seront parmi les plus productives du marché avec une vitesse d’impression de 4 500 feuilles/heure en recto verso.

L’idée pour Heidelberg est d’aider les entreprises graphiques dans leur transition vers des modèles de production hybrides qui combinent impression offset et numérique. « Nous sommes désormais les seuls à proposer des presses dans toutes les technologies d’impression : toner, jet d’encre, offset… Cela nous donne la possibilité d’offrir aux imprimeurs une grande complémentarité de tous les procédés en leur garantissant une colorimétrie cohérente », souligne Laurent Connesson, responsable Support numérique chez Heidelberg. Surtout que nous développons notre propre écosystème de pilotage numérisé de workflow, Prinect, qui s’avère très performant. Bientôt, avec une couche IA, Prinect pourra décider sur quelle machine envoyer quel travail d’impression : toner, offset, jet d’encre, pour optimiser la production du parc. Heidelberg ne vend donc pas que des machines, mais des solutions d’accompagnement et des services pensés avec les imprimeurs très en amont.

Dans ce cadre, et spécialement conçue pour la Jetfire 50, Heidelberg propose une vente de la machine dite en « subscription ». « Il s’agit de commercialiser du volume annuel de tours avec encre, consommables et maintenance… payé par mensualités. L’intérêt ? C’est une opération de bas de bilan qui évite l’endettement. »

Jetfire 75

Jetfire 50

Komori l’offset industriel entre dans l’ère numérique

Acteur historique de l’impression offset, Komori accélère son développement dans le numérique industriel avec la J Throne 29, présentée à la Drupa 2024. Cette presse numérique marque une étape clé dans la stratégie de diversification du constructeur japonais.

S’appuyant sur une technologie jet d’encre UV LED, la J Throne 29 associe fiabilité, vitesse et qualité. Positionnée sur le format B2+, elle s’intègre pleinement dans un environnement de production industrielle. Commercialisée depuis le début de l’année, elle atteint des cadences allant jusqu’à 6 000 feuilles/heure en recto simple et 3 000 feuilles/heure en recto verso, tout en conservant les avantages du numérique : personnalisation, réactivité et délais réduits. La presse se distingue également par un excellent retour sur investissement sur les courts et moyens tirages, grâce à une gâche papier minimale et à une grande stabilité de production.

Polyvalente, elle s’adresse aussi bien à l’impression commerciale qu’au packaging, avec des capacités d’impression multisupports (papier, carton, plastique). « Avec la J Throne 29, Komori apporte au numérique les valeurs qui ont fait son succès dans l’offset : fiabilité, disponibilité et productivité », souligne François Trollé, directeur commercial.

J Throne 29

Konica Minolta mise plus que jamais sur l’encre UV

À l’inverse de la presque totalité de ses concurrents, Konica Minolta a fait le choix de la technologie des encres UV LED que l’on retrouve sur ses deux nouvelles presses numériques, l’AccurioJet 30000 (que l’on peut déjà voir chez Shareprint) et l’AccurioJet 60000 haute résolution de 1200×1200 dpi. La première a une vitesse de 30 000 feuilles/heure, l’autre de 60 000 feuilles/heure. L’AccurioJet 60000 devrait être commercialisée en fin d’année.
« Ces deux machines sont destinées à remplacer la KM-1 et la KM-1e sur le format B2+ », explique Régis Ruys, chef de marché Industries graphiques chez Konica Minolta.

L’intérêt de l’encre UV LED ? « Il n’y a pas besoin de période de séchage par rapport à l’aqueux, ce qui permet de gagner du temps dans la production et offre une grande stabilité colorimétrique plus une grande résistance de l’encre au frottement. Cela donne notamment la possibilité de réimprimer des travaux à distance sans déperdition de qualité. » Autre avantage des deux presses, outre les supports traditionnels de l’offset, elles peuvent traiter des épaisseurs de feuilles jusqu’à 0,6 mm en recto simple et 0,45 mm en recto verso.
Autrement dit, elles sont adaptées à des supports tels que le PVC ou le PET, ce qui en fait des machines très intéressantes pour les travaux courts tirages de packaging et de PLV. « Ce sont aussi des presses hyper-disponibles que l’on peut utiliser en 3×8, sur un châssis robuste qui peut encaisser de gros volumes mensuels. Polyvalentes, elles sont conçues pour améliorer la rentabilité sur les courts tirages, avec une grande souplesse de production et une très bonne réactivité. »

AccurioJet 30000

AccurioJet 60000

Kyocera élargit son offre

« Porté par une maîtrise historique des têtes d’impression jet d’encre, Kyocera s’affirme aujourd’hui comme un acteur incontournable de la transformation numérique du marché de l’impression », décrit Julien Tenin, Key Account Manager.
Depuis de nombreuses années, Kyocera conçoit et fabrique des têtes d’impression utilisées par de nombreux constructeurs dans des domaines variés : page à page, feuille à feuille, impression d’étiquettes et impression textile. Cette expertise industrielle constitue le socle technologique sur lequel le groupe bâtit désormais ses propres solutions d’impression.
« Fort de cet héritage, Kyocera a lancé sa première imprimante de production jet d’encre SRA3 en 2020, la TASKalfa Pro 15000C. »
Aujourd’hui, Kyocera élargit son parc machine, avec l’arrivée prévue à l’automne d’une nouvelle imprimante jet d’encre spécialement pensée pour le marché de l’art graphique : la TASKalfa Pro 55000C. Cette nouvelle génération de presse se distingue par plusieurs points forts. Elle possède une résolution de 1200 dpi avec des têtes Kyocera d’impression piézoélectriques ; la capacité d’imprimer sur papier couché et non couché de 52 à 400 g/m2 ; un format papier maximum de 330 × 1 000 mm en recto verso ; une productivité de 150 pages A4 par minute ou 75 pages SRA3 par minute et une encre à base d’eau pigmentaire.
Conçue selon les standards de robustesse propres à Kyocera, tout en conservant un encombrement réduit, la TASKalfa Pro 55000C promet des taux de disponibilité élevés. Mais aussi une grande fiabilité et une qualité d’impression remarquable, positionnant cette nouvelle presse comme une alternative sérieuse et compétitive face aux solutions existantes sur le marché graphique.

TASKalfa Pro 55000C

Merci à nos partenaires d’avoir bien voulu répondre à nos questions, et merci à la commission Numérique, et particulièrement à Cyril Rullière, pour son implication.