[RENCONTRES]
L’apprentissage et la formation professionnelle entrent dans une zone de fortes turbulences, où se combinent baisse des financements, recentrage budgétaire et incertitude politique.
Issu du magazine Connect’ 72 – janvier 2026
22 janvier 2026
[RENCONTRES]
L’apprentissage et la formation professionnelle entrent dans une zone de fortes turbulences, où se combinent baisse des financements, recentrage budgétaire et incertitude politique.
Issu du magazine Connect’ 72 – janvier 2026
Dans ce contexte mouvant, aucune trajectoire claire n’est vraiment fixée, ni sur les niveaux d’aide aux entreprises ni sur la soutenabilité à moyen terme du modèle économique des CFA. Les premiers chiffres 2025 confirment un infléchissement : les contrats d’apprentissage reculent de l’ordre de 4 % par rapport à 2024, après plusieurs années de croissance continue.
La question n’est pas seulement budgétaire : l’apprentissage est un investissement, mais il est aujourd’hui piloté d’abord par la contrainte financière, au risque de casser une dynamique patiemment construite. La mise en place d’un reste à charge pour les employeurs sur certains niveaux de diplômes et la complexification des règles de financement créent une insécurité juridique et opérationnelle pour les CFA comme pour les entreprises.
Cette instabilité fragilise particulièrement les secteurs industriels, où les cycles d’investissement et de recrutement se décident sur plusieurs années.
Dans les industries graphiques et, plus largement, dans les filières de l’impression, du papier, du carton et de la signalétique, la situation est encore plus sensible, car ces métiers souffrent déjà d’un déficit d’attractivité auprès des jeunes. Les entreprises peinent à recruter alors même que la transformation numérique, la transition écologique et l’évolution des marchés exigent des compétences de plus en plus qualifiées. Le recul des contrats d’apprentissage se traduit par une tension immédiate entre besoins en compétences et vivier de candidats.
Or, les organismes de formation de ces secteurs comme Grafipolis jouent un rôle dual décisif : ils assurent à la fois la formation initiale des apprentis et la montée en compétences des adultes en reconversion ou en perfectionnement, via la formation continue.
Fragiliser ces structures, c’est prendre le risque de voir disparaître non seulement des centres de formation, mais toute une offre de proximité qui irrigue les territoires et les TPE-PME industrielles.
À terme, si rien ne vient stabiliser le financement ni sécuriser l’engagement des entreprises, la fermeture d’organismes de formation spécialisés entraînerait mécaniquement la disparition d’une offre de formation déjà rare, avec un impact direct sur la capacité des industries graphiques à renouveler leurs talents et à rester compétitives.
Les organisations syndicales patronales et salariales expriment globalement une forte inquiétude face aux coupes budgétaires et au transfert de charges vers les employeurs et les CFA, qu’elles jugent susceptibles de réduire le nombre de contrats, de fragiliser les jeunes et d’affaiblir l’accès à la qualification, en particulier pour les niveaux infra-bac. Mais il faut arriver à se faire plus entendre !
Et John Podlesnik, directeur de Grafipolis, de rappeler avec force : « La formation initiale et professionnelle est un levier stratégique majeur pour le développement des compétences et la réindustrialisation du pays, et l’apprentissage a pour vocation la sécurisation des parcours et l’insertion durable plutôt que d’être une logique purement comptable. »
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